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Protestation sociale en Israël : Serez-vous solidaires des Palestiniens ?

Udi Pladott | haaretz.com & europalestine.com | dimanche 8 et mercredi 11 juillet 2012

mercredi 11 juillet 2012

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Protestation sociale en Israël : Serez-vous solidaires des Palestiniens ?
Udi Pladott | europalestine.com | mercredi 11 juillet 2012

"Les Israéliens qui prennent part au mouvement de protestation sociale peuvent-ils moralement demander des logements à bas prix à Tel Aviv, tandis qu’à seulement quelques kilomètres de là, le même système de pouvoir visé par les manifestants a transformé des villages entiers en camps de réfugiés ?", interroge Udi Pladott*


"La semaine dernière, Haaretz a publié une tribune de Yotam Marom, organisateur d’ « Occupy Wall Street ». L’article se présente comme « Conseil de la part du mouvement d’Occupation » au mouvement de protestation sociale en Israël, qui a été récemment confronté à la violence excessive de la police à Tel Aviv.

Cependant, les activistes israéliens n’ont pas besoin d’aller outre-mer chercher des conseils ou de l’inspiration pour s’opposer aux forces de l’oppression dans la société juive israélienne. On peut trouver l’héritage de Gandhi, de Martin Luther King Jr., des Égyptiens de la Place Tahrir et des Indignados d’Espagne tout près de chez nous : Les activistes israéliens n’ont qu’à regarder ce qui se passe à Bil’in, Ni’lin, Nabi Saleh, Sheikh Jarrah et al-Arakib pour savoir ce qu’est la douleur de la répression et la valeur de la résistance.

Marom montre bien comment la privation sévère a un effet disproportionné sur ceux qui sont déjà marginalisés, mais il oublie d’identifier la population qui est manifestement marginalisée, opprimée, déplacée et dépossédée après avoir subi la politique et les pratiques des Israéliens pendant des décennies : le peuple palestinien.

Alors que les manifestants israéliens se rallient contre la hausse des prix des logements, des denrées alimentaires, de l’éducation et des services de santé, personne ne reconnaît que leurs avantages sociaux actuels, bien que relativement érodés, se sont accumulés grâce à l’exploitation du peuple palestinien. Peut-on vraiment exiger des logements à bas prix à Tel Aviv, tandis qu’à seulement quelques kilomètres de là, le même système de pouvoir visé par les manifestants a transformé des villages entiers en camps de réfugiés ?

En vérité, nous avons passé certains de nos meilleurs moments d’ « Occupy Wall St. », quand nous avons reconnu - comme le montre Marom – que les communautés opprimées subissent toutes sortes de formes de violences systémiques jour après jour, et que cette violence est bien plus destructive que celle que nous subissons dans les rues de New York lorsque nous protestons. C’est seulement après avoir suivi l’exemple de ceux qui sont les plus touchés par cette violence et nous être sentis solidaires avec eux contre la saisie des maisons et contre la politique raciste de la police new-yorkaise (NYPD) - « Stop & Frisk » (contrôler-fouiller), que nous concrétisons vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre.

Les organisateurs du mouvement social actuel en Israël, ont habilement formulé leur message afin d’éviter de s’aliéner une partie du public israélien et d’attirer un large public. C’est peut-être en pensant à ce message prudent et circonscrit, que Marom a évité de parler de l’oppression israélienne des Palestiniens – ni ceux qui sont citoyens de l’état israélien, ni ceux qui vivent dans les Territoires Occupés ou au-delà. Mais ne pourrait-on pas créer une coalition beaucoup plus enthousiaste, si on se mettait du côté des plus opprimés ?

L’été dernier, et de nouveau durant maintenant plusieurs semaines, les Israéliens ont prouvé qu’ils étaient prêts à sortir dans la rue pour défier le système de puissance économique qui règne là depuis si longtemps.

Je vous prie de ne pas limiter la portée et le potentiel de votre mouvement en adoptant les failles nationales et ethniques dans la construction en même temps que la limitation de l’identité collective de votre mouvement. Le même système qui est l’objet de votre protestation perpétue et glorifie ces failles. Ce manque de solidarité entre tous à l’intérieur de son domaine, lui permet de fonctionner. Par exemple, il dresse les Israéliens contre les demandeurs d’asile africains, masquant délibérément le fait que les quartiers pauvres de Tel Aviv étaient sérieusement négligés bien avant le récent afflux de réfugiés et d’autres travailleurs itinérants.

Ici, le groupe de travail pour la justice dans le monde (Global Justice Working Group) d’« Occupy Wall Street » a montré comment nos combats dans notre pays sont inextricablement liés aux combats mondiaux contre l’oppression et l’injustice. Nous demandons des conseils aux gens qui sont directement touchés par ceux contre lesquels nous protestons et nous suivons leur exemple aussi souvent que possible. Ceci a amené le groupe à trouver comment le gaz lacrymogène produit aux États-Unis (et souvent financé par le contribuable américain) est employé contre les manifestants de la société civile dans plusieurs pays. Le gaz utilisé contre nos amis à Oakland et Seattle est produit par les mêmes compagnies qui fournissent les forces d’oppression à Barhain, en Égypte, en Tunisie, au Yémen et, oui – aussi à Nabi Saleh et Bil’in. Les Israéliens qui se soulèvent pour réclamer la justice sociale et économique feraient bien d’identifier leur oppresseur et de voir qui a souffert le plus sous cette force violente : Ces gens sont vos alliés – ceux dont la libération est liée à la vôtre.

Comme Marom nous le fait remarquer, on peut beaucoup apprendre de la réaction violente de l’état, quand on réussit à contester le statu quo. Évidemment, la répression du mécontentement n’a pas débuté la semaine dernière en israël. Il y a une longue histoire de violence à mettre à l’étude. Même si on choisit de ne pas prolonger notre enquête au-delà de la ligne verte, vous vous rappelez peut-être comment, en avril dernier, le « Jour de l’Indépendance », la police a assiégé le bureau de ZOCHROT à Tel Aviv, parce que les activistes voulaient y lire la liste des villages palestiniens qui avaient été rasés en 1948. Vous vous souvenez peut-être aussi des événements d’octobre 2000, qui ont causé la mort de treize citoyens palestiniens d’Israël. C’étaient aussi vos alliés. Soutenez leurs familles. Défendez leur mémoire et un avenir dans lequel leurs communautés ne seront pas constamment menacées et appauvries.

En Israël, où votre libération est étroitement liée à celle du peuple palestinien, regardez où vous pouvez travailler ensemble, pas seulement sous les dirigeants israéliens. Que demandent les Palestiniens ? Comment pouvez-vous les épauler ? Il existe plusieurs groupes de Juifs et de Palestiniens qui travaillent ensemble pour la justice depuis de nombreuses années. Allez-vous orienter votre énergie vers le soutien de « Soliarity – Sheikh Jarrah » ? Allez-vous soutenir « Boycott from Within » et d’autres Israéliens qui répondent à l’appel de la société civile palestinienne à e joindre au mouvement « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » ?

Le combat pour la libération, l’indépendance, la sécurité et l’égalité qui se fait aux frais d’un autre peuple, n’est pas un vrai combat de libération. Quand notre combat pour la libération ne tient aucun compte de l’oppression d’un autre peuple par nos propres mains, nous demeurons pieds et poings liés.

Le mouvement de protestation sociale israélien se trouve devant le défi et l’occasion de faire cesser son isolement, et de se joindre au mouvement mondial. C’est un mouvement pour la justice sociale et économique ; son but est de mettre fin à la domination de nos systèmes politiques par les élites financières, mais c’est bien plus un mouvement qui va au-delà des frontières entre les états-nations et qui demande la récupération des ressources nationales pour le bien de tous. Libérez-vous en combattant pour la fin de l’occupation de la Palestine, sans laquelle aucun de nous ne sera jamais libre".

*Udi Pladott est un militant du mouvement "Occupy Wall Street". Il est également développeur de logiciels basé à Brooklyn.

(Traduit par Chantal C. pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine


haaretz.com


Israel’s social protest : Will you stand with the Palestinians ?
Udi Pladott | haaretz.com | Jul.08, 2012

Do Israelis involved in the social protest movement really have a moral argument for affordable housing in Tel Aviv while, only a few kilometers away, the same system of power targeted by protesters has turned entire villages into refugee camps ?


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Demonstrators at the Tel Aviv Museum during a protest for social justice. Photo by Hadar Cohen



"If you have come here to help me, then you are wasting your time…But if you have come because your liberation is bound up with mine, then let us work together." (Lila Watson)
 

Last week Haaretz published an opinion piece by Yotam Marom, an Occupy Wall St. organizer. The article was presented as “Advice from the Occupy Movement” for Israel’s social protest movement, which recently faced egregious police violence in Tel Aviv. Israeli activists, however, do not have to look overseas for guidance or inspiration in countering forces of oppression in Jewish Israeli society. The legacy that passes through Gandhi, Martin Luther King Jr., the Egyptians in Tahrir Square, and the Indignados in Spain can be found much closer to home : Israeli activists need only look over to Bil’in, Ni’lin, Nabi Saleh, Sheikh Jarrah and al-Arakib to learn about the pain of repression and value of resistance.

Marom correctly points out how the forces of deprivation disproportionately impact those already marginalized, but he forgets to identify the group of people most clearly marginalized, oppressed, displaced and dispossessed by decades of Israeli policy and practice : the Palestinian people. As Israeli protesters rally against rising prices for housing, food, education and healthcare, there is no acknowledgement that their current level of welfare, however relatively eroded, has been accumulated on the backs of the Palestinian people. Can one really articulate a compelling moral argument for affordable housing in Tel Aviv while, only a few kilometers away, the same system of power targeted by protesters has rendered entire villages into refugee camps ?

Some of our finest moments here at Occupy Wall St. were exactly those in which we recognized - as Marom points out - that oppressed communities face various systemic forms of violence every single day, and that this violence is much more destructive than what we face in the streets of New York City at our protests. Only when we followed the lead of the people most impacted by this violence and stood with them against home foreclosures and against the NYPD’s racist policy of “Stop & Frisk” did we actually embody the world we want to live in.

Organizers in today’s social movement in Israel have crafted messaging to avoid alienating some of the Israeli public and attract a “broad tent.” Perhaps it was with that careful, circumscribed messaging in mind that Marom avoided any mention of Israel’s oppression of Palestinians - neither those who are citizens of the state, nor those living in the Occupied Territories or beyond. But would not a much heartier coalition be created in standing with the most oppressed ?

Last summer, and again in these past several weeks, Israelis demonstrated a readiness to take to the streets to challenge the system of economic power that has prevailed there for so long. Please don’t constrain the reach and potential of your movement by adopting national and ethnic fault-lines to construct and constrict your movement’s collective identity. These fault lines have been perpetuated and celebrated by the same system that is the target of your protest. The very absence of solidarity between all the people within its domain makes it possible for this system to function. It pits Israelis against African asylum-seekers, for example, deliberately obscuring the reality that Tel Aviv’s poor neighborhoods had been severely underserved long before the recent influx of refugees and other migrant workers.

Over here, the Global Justice Working Group at Occupy Wall Street has highlighted how our struggles at home are intertwined with worldwide struggles against oppression and injustice, seeking guidance from the people directly affected by the target of our protests and following their lead whenever possible. This brought the group to trace the use of U.S.-made (and often U.S.-taxpayer financed) tear gas against civil society protesters in several countries. The gas used against our friends in Oakland and Seattle is produced by the same companies supplying the forces of oppression in Bahrain, Egypt, Tunisia, Yemen, and yes – also in Nabi Saleh and Bil’in. Israelis rising up for social and economic justice would do well to identify their oppressor and see who has borne the brunt of the suffering under its violent force : these people are your allies - those whose liberation is bound up with yours.

As Marom points out, we can learn a great deal from the violent response of the state when we succeed in challenging the status quo. Obviously, the repression of dissent in Israel did not start this past week. There is a rich history of violence to study. Even if you choose to not extend your inquiry beyond the green line, you may recall how, last April on Israel’s Independence Day, the police lay siege to the Zochrot office in Tel Aviv because activists there wanted to read a list of Palestinian villages that were razed in 1948. You may also recall the events of October 2000, which left thirteen Palestinian citizens of Israel dead. They also were your allies. Stand with their families. Stand for their memory, and for a future in which their communities will not be constantly threatened and impoverished.

In Israel, where your liberation is intertwined with that of the Palestinian people, look at where you can work together, not only under Israeli leadership. What are the Palestinian people asking for ? Where can you stand with them ? There have been several groups of Jews and Palestinians working together for justice for many years. Will you direct your energy in support of Solidarity - Sheikh Jarrah ? Will you support Boycott from Within and other Israelis who heed the call from Palestinian civil society to join the boycott, divestment, and sanctions movement ?

A fight for freedom and independence and security and equality that comes at the expense of another people is not a true fight for liberation. When our fight for liberation ignores the subjugation of other people by our own hands, we remain bound and tied.

The Israeli social protest movement faces a challenge and an opportunity to end its isolation, and to join a global movement. It is a movement for social and economic justice ; it is aimed at ending the domination of our political systems by the financial elites, but even more than that it is a movement that transcends the boundaries between nation-states and calls for reclamation of the Commons for all peoples. Liberate yourselves by fighting for an end to the occupation of Palestine, without which none of us will ever be free.

Udi Pladott is an activist and software developer based in Brooklyn, NY.



Voir en ligne : Protestation sociale en Israël : Serez-vous solidaires des Palestiniens ?

Messages

  • Puisque B. BEC demandait de façon si courtoise de "balancer" des liens :
    En voilà un, qui peut aider à réfléchir et à, encore, se poser des questions, pour tenter de se faire une opinion la moins partiale possible.

    Il vous suffit de taper

    " L’autre visage de Gaza présenté par un site d’information arabe"

    et vous risquez d’être un peu étonné, vous pouvez le lire en Arabe dans le texte.

    A bon entendeur, Salut

  • "Tenir compte de l’oppression d’un autre peuple par nos propres mains"

    Il me semble qu’à l’heure de la mondialisation, nous opprimons "aussi" les enfants des pays asiatiques quand nos grandes enseignes : H .et M. , ZARA et d’autres les exploitent, les esclavagisent pour notre propre consommation de vêtements au plus bas prix, et ne croyez vous pas que dans notre propre pays (je parle de la France, bien sûr) les grands patrons comme Doux (père Dodu) et d’autres développent un capitalisme sauvage digne de la fin du 19ème :
    Il traite son personnel (97% a été victime d’accidents de travail et les "esclaves" font tout pour protéger leurs emplois menacés, il est en faillite, et donc leur patron !) et les animaux avec une barbarie incroyable. Cf : Charlie hebdo : " A mort Père Dodu !)

    Ceci dit, il y a des protestations sociales un peu partout dans le monde, demande t-on à l’Espagne, à la Grèce, aux USA (et j’en oublie) d’être solidaires des autres ?
    Pourquoi ce mouvement ne "prend" pas en France ?

    Beaucoup de questions à porter à la réflexion.

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