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Le polonium : ce poison invisible

Isabel Contreras | francetv.fr | jeudi 5 juillet 2012

jeudi 5 juillet 2012

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Le polonium : ce poison invisible
Isabel Contreras | francetv.fr | jeudi 5 juillet 2012

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Yasser Arafat empoisonné au polonium ? D’après les analyses d’un laboratoire suisse révélées dans un documentaire de la chaîne Al Jazeera, cette substance radioactive aurait provoqué la mort de l’ancien président de l’Autorité palestinienne le 11 novembre 2004 à l’hôpital Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine).

Les scientifiques assurent avoir trouvé des "quantités significatives" de ce radioélément, qui fut également responsable du décès par empoisonnement de l’ex-espion russe Alexandre Litvinenko à Londres, en 2006, comme le relate Libération. Mais comment agit-il ? Quel est l’origine du polonium ?

• Qu’est-ce que le polonium ? 

C’est un des éléments chimiques naturels qui compose le pechblende, un minerai découvert par Pierre et Marie Curie en 1898, dont on extrait l’uranium. Le nom de polonium fait référence à la Pologne, terre natale de Marie Curie.

En ce qui concerne Yasser Arafat et Alexandre Litivinenko, les médias font référence à un des 33 types de polonium, le "210". "C’est le plus toxique et le plus volatile", assure Jean-René Jourdain, délégué auprès du directeur de la radioprotection de l’homme à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

En effet, le polonium 210 est un émetteur de rayonnement alpha et donc radioactif. Mais son rayonnement est de courte durée (la moitié de sa radioactivité est perdue au bout de 138 jours). 

 Est-il facile à détecter ?

Le polonium 210 émet des particules radioactives de courte distance, voire micro-courtes. "Le rayonnement ne fait que quelques micromètres (un millionième de mètre). D’ailleurs, si vous placez une feuille de papier entre des traces de polonium 210 et un détecteur de radioactivité, la résultat sera négatif," explique Jean-René Jourdain.

"Pour détecter le polonium 210, il faut se munir d’un détecteur de rayonnement alpha et ne pas mettre des obstacles entre l’élément radioactif et l’appareil. Il faut donc aller le chercher," ajoute le chercheur.

Quand, en novembre 2006, Alexandre Litvinenko, opposant au régime russe, est tombé malade après avoir dîné dans un restaurant à Londres, les services de la police britannique n’ont pas envisagé un empoisonnement au polonium. Ils ont longtemps évoqué l’intoxication au thallium, en vain. "Ce qui n’est pas surprenant. Le cas Litvinenko a été le premier empoisonnement au polonium enregistré. Ils ont sûrement vérifié les taux de radioactivité, mais ils n’ont pas vu le polonium au premier abord", souligne Jean-René Jourdain.

 Pourquoi le polonium peut-il devenir mortel ?

Le polonium 210, présenté sous forme de poudre, peut s’avérer fatal s’il est inhalé ou ingéré. "Si vous le touchez, vous ne serez pas contaminé", précise le chercheur. 

Quand le polonium pénètre dans le corps, "la moitié est evacuée par l’urine et l’autre moitié se fixe dans le foie, les reins, la rate et la moelle osseuse. En attaquant les globules blancs de la moelle, la personne contaminée devient de plus en plus vulnérable à une infection, ce qui finit par entraîner le décès," explique-t-il. La dose toxique de polonium 210 s’établit entre 1 et 10 microgrammes (millionième de gramme). 

 Où peut-on trouver du polonium ?

Il est présent dans des quantités infimes dans la nature, notamment dans des gisements de phosphates et d’uranium. Mais aussi dans les feuilles de tabac. "Si vous fumez une cigarette par jour pendant un an, vous multipliez la dose de radioactivité naturelle dans votre corps par deux à cause du polonium", souligne Jacques Foos, professeur honoraire du Conservatoire national des arts et métiers. En revanche, les doses de polonium 210 dans le tabac sont bien inférieures à un microgramme, ce qui écarte une contamination classique.

Le polonium peut aussi être produit en petites quantités par des réacteurs nucléaires en irradiant du bismuth 209, une molécule radioactive, et dans des laboratoires. Il peut être utilisé comme source d’énergie pour les satellites. "Mais dans aucun cas, il peut être fabriqué dans un appartement", conclut Jean-René Jourdain.

Isabel Contreras



voir aussi :

- Alexandre Litvinenko empoisonné par du polonium
Marc SEMO | liberation.fr | 24 novembre 2006

- Alexandre Litvinenko
wikipedia.org


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Transmis par Syrinx
Thu, 05 Jul 2012 14:42:00 +0200




Voir en ligne : Le polonium : ce poison invisible

Messages

  • Huit années écoulées et seulement maintenant ?
    Je me pose quelques questions :

    N’a t-il pas été soigné dans un grand hopital français ?
    N’a t-on pas détecté ce poison à ce moment là ?

    8 ans aprés : le polonium est-il encore "actif", visible, présent ?

    Je suis très surprise.
    Il faut un peu plus d’informations......


    • "Al-Jazira" et Arafat : faux scoop ou vraie énigme ?
      Amos Harel & Avi Issacharoff | Ha’Aretz/courrierinternational.com | lundi 9 juillet 2012

      La mort du leader palestinien fait, depuis huit ans, l’objet de nombreuses hypothèses et autres théories du complot. Les révélations récentes de la chaîne satellitaire Al-Jazira font naître de nouveaux doutes, au point que l’Autorité palestinienne a décidé d’exhumer le corps de l’ancien président.

      En affirmant que Yasser Arafat [décédé en 2004], l’ancien président de l’Autorité palestinienne (AP), a été victime d’un empoisonnement dû à une substance radioactive, l’enquête d’Al-Jazira [diffusée le 3 juillet] ne laisse pas d’impressionner. Il s’agit ici de journalisme d’investigation "à l’ancienne", pas d’un tweet négligemment envoyé, mais de toute une équipe de reporters s’acharnant à obtenir des documents classifiés, les effets personnels d’Arafat, un accès à tout ce qui a rapport de près ou de loin au sujet, et à retourner toutes les pierres pour dénicher la vérité. Ainsi, grâce à Al-Jazira, nous disposerions enfin de vrais indices débouchant sur une conclusion sensationnelle.

      En 2005, alors que nous menions nos investigations en vue de la deuxième édition de notre livre “Ha-Milhama Ha-Shviit” [La Septième Guerre, paru en hébreu aux éditions Yediot Aharonot] consacré à l’Intifada d’Al-Aqsa [2000-2005], nous avions mis la main sur le rapport confidentiel réalisé post mortem à l’hôpital Percy [à Clamart, en région parisienne], où Yasser Arafat était soigné. Le déchiffrer ne fut pas une mince affaire. Premièrement, ce rapport était rédigé en français. Deuxièmement, il était écrit dans un tel jargon médical qu’il nous fallut dénicher un médecin anglophone parlant hébreu et français. Il est alors apparu que ce document alignait les contradictions et les points d’interrogation sur plus d’une centaine de pages.

      A titre d’exemple, le rapport explique que des échantillons sanguins prélevés alors qu’Arafat était encore à Ramallah et envoyés à un laboratoire de Tunis, avaient disparu. Or, il ne s’agit pas ici de prises de sang de John Smith ou de Moïshe Moïshe, mais de Yasser Arafat en personne... Autre exemple, le médecin personnel de Yasser Arafat, Ashraf Al-Kourdi, dépêché auprès de son illustre patient seulement le 27 octobre 2004 (c’est-à-dire quinze jours après que ce dernier est tombé malade), nous expliqua alors que Percy avait détecté le virus VIH dans le sang d’Arafat. Or, le rapport français n’en fait aucune mention, pas plus d’ailleurs de la réalisation d’examens de détection du sida, alors qu’Arafat présentait des symptomes propres aux malades atteints du sida. À l’époque, Al-Kourdi n’hésita pourtant pas à affirmer que c’était le Mossad qui avait infecté Arafat avec le VIH...

      Le rapport français souligne quant à lui que la veuve d’Arafat, Souha, qui vient d’accorder une interview larmoyante à Al-Jazira, a catégoriquement refusé qu’une biopsie du foie de son mari soit effectuée, quelques jours avant son décès. Ce qui est pour le moins incompréhensible. Tous les hauts responsables de l’OLP interrogés durant notre enquête affirmaient à l’époque qu’Israël avait empoisonné Arafat. Vu ses implications politiques, cette assertion mérite de toute évidence un examen attentif. Cependant, tous les responsables israéliens que nous avons approchés ont toujours catégoriquement rejeté ces accusations et ce sans un sourire ou un demi-sourire en coin. Et de rappeler deux éléments. Tout d’abord, en novembre 2004, Arafat était assiégé à Ramallah. Affaibli politiquement et isolé, il avait en outre perdu l’attention de la communauté internationale. Il est donc inimaginable qu’Israël ait pris le risque de le liquider. Ensuite, selon un ancien officiel israélien parlant sous couvert d’anonymat, Ariel Sharon avait livré à Washington des garanties fermes selon lesquelles Israël n’avait aucune intention de faire d’Arafat un martyr.

      À ce jour, les examens toxicologiques menés à Paris n’ont débouché sur rien. Le rapport français livre les résultats des analyses de sang réalisées sur un patient du nom d’Etienne Louvet [en réalité, Arafat] ; il liste nominalement chacun des différents poisons ayant fait l’objet d’une enquête spécifique, mais le Polonium 210, qu’Al-Jazira affirme avoir découvert sur les effets personnels d’Arafat, ne figure pas sur la liste dressée par le laboratoire français. Or, les proches et collègues de Yasser Arafat continuent d’affirmer qu’il a été empoisonné par Israël.

      Aujourd’hui, huit ans après son décès, personne n’est encore parvenu à trouver le moindre indice permettant d’appuyer cette assertion. Pour fournir la preuve irréfutable qu’Arafat aurait été victime d’un empoisonnement radioactif, il faut exhumer sa dépouille, enterrée à Ramallah. L’Autorité palestinienne est maintenant au pied du mur.


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